Santander, la nouvelle capitale de l’art en Espagne
- Editorial

- 7 juin
- 6 min de lecture
Pourquoi ARS Foundation a choisi cette ville cantabrique pour remettre son prix international

Il y a des villes qui changent de peau d’un coup. Santander le fait depuis des années, avec patience et des investissements bien orientés, et en 2026 ce processus cristallise d’une manière que peu de capitales de province espagnoles peuvent revendiquer : en l’espace de quelques semaines, la ville cantabrique inaugure deux équipements culturels d’envergure internationale, consolide un salon d’art fort de plus de trois décennies et reçoit la reconnaissance d’institutions qui, jusqu’à peu, ne regardaient que vers Madrid ou Barcelone. ARS Foundation est l’une d’elles. Cet été, dans le cadre de la 34e édition d’ARTESANTANDER, la fondation suisse située à Genève remettra pour la première fois le Prix ARS International sur le sol espagnol — et ce sera à Santander.
Cette décision n’est ni fortuite ni purement logistique. Elle est stratégique, et il vaut la peine d’en expliquer les raisons.
Un port devenu musée
Quiconque a parcouru le Paseo de Pereda ces dernières années sait que quelque chose se passe dans cette bande entre la vieille ville et la baie. En 2017, Renzo Piano — architecte lauréat du Pritzker et créateur du Centre Pompidou à Paris — a offert à la ville le Centro Botín : deux volumes trapézoïdaux de 10 000 mètres carrés revêtus de 280 000 carreaux céramiques nacrés qui flottent, littéralement, sur les eaux du golfe de Gascogne. L’édifice n’est pas seulement un jalon architectural ; il est, avant tout, une déclaration d’intentions. La Fundación Botín, créée en 1964 pour le développement culturel de Cantabrie, a demandé à Piano un bâtiment qui n’obstrue pas la vue sur la mer, qui ne tourne pas le dos à la ville, qui enfouit la circulation qui séparait les Jardines de Pereda du front maritime. Le résultat est l’une des rares œuvres d’architecture contemporaine en Espagne à avoir physiquement transformé le tissu urbain environnant.
Mais le Centro Botín n’était, pour ainsi dire, que la première pièce d’un puzzle qui s’achève seulement aujourd’hui.
2026 : l’année où tout converge
Le 8 septembre 2026, Faro Santander ouvrira ses portes dans l’emblématique Edificio Pereda, ancienne siège principal de la Banco Santander sur le Paseo de Pereda, une fois les travaux de réhabilitation achevés. Le projet, impulsé par la Fundación Banco Santander, a été confié à l’architecte britannique David Chipperfield, lauréat du prix Pritzker en 2023. Faro Santander s’organise sur six niveaux : les cinq premiers étages accueilleront la collection de la banque et des expositions temporaires, tandis que le sixième étage sera réservé à une terrasse panoramique, un café et un restaurant. L’inauguration bénéficiera d’un atout exceptionnel : la Collection Gelman Santander, fruit de l’accord conclu en janvier 2026 entre la Banco Santander et la famille Zambrano — propriétaire du groupe cimentier Cemex — pour la gestion \u00e0 long terme de l’une des collections d’art mexicain les plus importantes au monde\u00a0: des \u0153uvres de Frida Kahlo, Diego Rivera, Mar\u00eda Izquierdo, Rufino Tamayo, Jos\u00e9 Clemente Orozco et David Alfaro Siqueiros. Un coup de ma\u00eetre qui place Faro Santander, d\u00e8s son premier jour, sur la carte du collectionnisme international.
En parallèle, dont la date reste à confirmer, l’ouverture du Museo Reina Sofía-Archivo Lafuente se précise, en pleine plaza de Alfonso XIII, dans l’historique ancien bâtiment de la Banque d’Espagne. Dans ce que le directeur du Musée National, Manuel Segade, a qualifié de "projet territorial le plus important du Musée National depuis sa fondation", il s’agira du premier centre associé au Reina Sofía en Espagne. Il abritera également le premier entrepôt visitable d’un musée national dans le pays, un format pionnier qui ouvrira au public des œuvres et des matériaux habituellement réservés aux spécialistes. L’Archivo Lafuente, acquis par l’État espagnol en 2022 pour près de 30 millions d’euros, est l’une des archives d’art du XXe siècle les plus importantes d’Europe.
Deux édifices historiques réhabilités. Deux institutions de premier rang. Deux architectes de renommée mondiale. Et entre eux, à quelques mètres au-dessus de la baie, le Centro Botín de Renzo Piano comme témoin permanent. Santander dispose en 2026 de quelque chose que peu de villes espagnoles peuvent revendiquer : une concentration d’infrastructures culturelles d’excellence construites avec cohérence et avec une vision à long terme.
ARTESANTANDER : le salon qui résiste depuis trente-quatre ans

C’est dans ce contexte que la présence d’ARS Foundation à ARTESANTANDER prend tout son sens. ARTESANTANDER est le salon d’art contemporain le plus ancien d’Espagne après ARCOmadrid. Trente-quatre éditions célébrées sans interruption au Palacio de Exposiciones y Congresos, près des plages du Sardinero. Dirigé depuis 2024 par la commissaire et productrice culturelle Mónica Álvarez Careaga, le salon a su se renouveler sans perdre son identité : plus de 40 galeries nationales et internationales, artistes, éditeurs et collectionneurs réunis dans une plateforme qui fait de Santander l’épicentre de l’art contemporain chaque mois de juillet.
ARTESANTANDER n’est pas ARCO. Il ne le prétend pas. C’est quelque chose de plus difficile à construire : un salon doté d’une identité propre, ancré dans un territoire, capable de réunir aussi bien des galeristes expérimentés que des propositions émergentes sans que ni l’un ni l’autre ne se sente déplacé. Cette édition accueille des galeries d’Allemagne, d’Italie, du Portugal et de France aux côtés des grandes références du marché espagnol. Et elle accueille également, pour la première fois, la présence institutionnelle d’ARS Foundation.
Pourquoi ARS Foundation regarde vers Santander
« Santander est aujourd’hui l’une des villes les plus intéressantes d’Europe pour les débats artistiques de fond. Ce n’est pas une ville qui a acquis une visibilité culturelle grâce à un pari audacieux ; c’est une ville qui a bâti un écosystème cohérent et pérenne. C’est précisément ce que recherche la Fondation ARS lorsqu’elle choisit ses lieux d’implantation.
— Jaume Torres, Président de la Fondation ARS
La Fondation ARS œuvre au croisement de l’art contemporain, du collectionnisme privé et de la diplomatie culturelle. Ses programmes, dont le Prix international ARS est le plus emblématique, visent à distinguer les institutions et les individus qui construisent un héritage durable, et non pas seulement une œuvre destinée à être exposée. D’ici 2026, Santander répondra pleinement à ce critère.
La ville n’a pas construit son nouvel écosystème culturel à coups de mégaexpositions ou de titres éphémères. Elle l’a fait avec une patience institutionnelle : la Fundación Botín existe depuis 1964, le Centro Botín a mis sept ans à être construit, le projet du Reina Sofía-Archivo Lafuente est en chantier depuis quatre ans. Cette cadence lente et ambitieuse — celle de ceux qui savent qu’ils construisent pour les générations futures — est exactement le type de vision avec lequel ARS Foundation souhaite dialoguer.
Il y a aussi une dimension géographique qu’il ne faut pas négliger. Santander regarde vers le nord : vers le golfe de Gascogne, vers l’Europe, vers les collectionneurs et programmateurs du nord du continent qui se déplacent chaque été dans une ville qui allie patrimoine, nature et, de plus en plus, une offre culturelle de niveau international. ARS Foundation, basée à Genève, connaît bien ce profil de public. À Santander, elle le trouve à l’état pur.
Un prix, une ville, un moment
Le Prix international ARS n'est pas décerné là où l'on trouve le plus de galeries ou le plus d'espace d'exposition. Il récompense les lieux où s'instaure un véritable dialogue sur le rôle de l'art dans la société, sur les liens entre sphère privée et sphère publique, et sur la manière dont le mécénat peut contribuer à l'essor d'une ville. À l'été 2026, Santander est le lieu où ce dialogue est le plus vivant, le plus urgent et le plus riche d'Espagne.
Le Faro Santander ouvre ses portes le 8 septembre. Le Musée Reina Sofía-Archivo Lafuente se prépare à ouvrir dans l'ancien bâtiment de la Banque d'Espagne. Le Centre Botín démontre depuis près de dix ans que l'excellence architecturale transforme une baie en symbole. Et ARTESANTANDER est, depuis trente-quatre ans, le rendez-vous estival incontournable des galeries espagnoles.
À tel point que la fondation travaille déjà sur un projet plus ambitieux : une Biennale internationale de sculpture dans l'espace public, installée de façon permanente à Santander, prévue pour 2028, qui vise à transformer la ville et sa baie en un théâtre d'interventions in situ d'artistes internationaux.
La Fondation ARS arrive à Santander au moment idéal. Et elle compte bien s'y installer durablement.
ARS Foundation arrive à Santander au moment exact. Et elle entend y rester.
La Fondation ARS, basée à Genève, est une fondation suisse qui soutient l'art contemporain international. Elle gère des programmes de diplomatie culturelle, de collecte et de médiation institutionnelle en Europe, au Moyen-Orient et sur le continent américain. Le Prix international ARS récompense chaque année des artistes confirmés dans leur pays d'origine qui souhaitent élargir leurs horizons et développent des projets à fort impact.


